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Faune sauvage et apprivoisée

Quelle est la différence entre un animal sauvage, domestiqué ou apprivoisé? Il est important de bien saisir la différence entre un animal sauvage, un animal domestiqué et un animal apprivoisé, car ainsi on peut mieux comprendre l’importance des lois protégeant la faune et la flore et l’impact de nos actions.

Animal sauvage

Le mot sauvage qualifie ce qui est à l’état de nature ou qui n’a pas été modifié par l’action de l’homme. Un animal sauvage vit en milieu naturel et est autosuffisant, c’est-à-dire qu’il est autonome et peut survivre par lui-même sans l’intervention humaine.

Animal domestique

Le verbe domestiquer signifie amener à une soumission totale, mettre dans la dépendance. Un animal domestique est un animal qui coexiste avec l’homme depuis des milliers d’années. Très souvent, sa survie dépend des soins prodigués par l’homme. Cet animal est le produit d’une reproduction sélective. Exemples : vache, porc, chien, dinde, cheval.

Animal apprivoisé

Un animal apprivoisé est un animal sauvage pris sous la tutelle de l’homme, généralement à un très jeune âge. La figure parentale devient alors l’humain, plutôt que des congénères de la même espèce. Un animal apprivoisé ne peut pas devenir un animal domestiqué et reste sauvage pour la vie.

Quoi faire si l’on trouve un animal sauvage ?

Occasionnellement, il arrive qu’on puisse se retrouver face à un animal qui semble perdu, abandonné ou malade. Doit-on intervenir immédiatement ? Même si cela peut être difficile, la réponse est NON. La nature se porte mieux avec le minimum d’intervention de la part de l’humain. Il est important de se rappeler que l’animal peut avoir l’air perdu, abandonné ou malade sans l’être réellement. Il faut donc bien analyser la situation.

Voici quelques exemples concrets :
Le lièvre d’Amérique

La femelle, la hase, laisse ses jeunes seuls dès la naissance et ne revient les nourrir qu’une fois par jour, en général le soir venu. Donc, si l’on trouve de jeunes lièvres seuls (ce qui est tout à fait normal) le mieux est de ne pas les déplacer ni les toucher. Notre odeur laissée sur les petits pourrait déranger la mère par la suite.

Le cerf de Virginie

La femelle cache ses faons dans les hautes herbes après la mise bas. Leur principal moyen de défense contre les prédateurs est le camouflage. Au moindre bruit suspect, ils deviennent complètement immobiles et se fondent dans leur environnement. La biche vient les nourrir toutes les 2-3 heures. Il ne faut pas intervenir ni toucher l’animal.

Les oiseaux

La meilleure chose à faire si l’on trouve un oisillon tombé du nid est de le remettre dans son nid; si le nid est localisé et qu’il est accessible bien sûr. En effet, contrairement aux mammifères, les oiseaux n’ont pas un bon odorat (excepté l’urubu à tête rouge). Donc à son retour, le parent ne rejetterait pas son rejeton.

Chez plusieurs espèces d’oiseaux, comme le merle d’Amérique par exemple, les jeunes fraîchement sortis du nid restent au sol, car toutes leurs plumes de vol ne sont pas encore poussées. Les parents restent près d’eux et les nourrissent au sol. Les oisillons ne sont pas perdus, abandonnés ou malades. Cette étape fait partie de leur développement normal. On ne doit pas intervenir.

Comme on peut le constater, plus on connaît l’histoire naturelle des animaux et plus on peut agir à bon escient. Des gens bien intentionnés ont parfois causé plus de tort que de bien en intervenant auprès des animaux, comme avec les oiseaux par exemple. Un oisillon qui semble abandonné, recueilli par l’homme, sera imprégné de l’humain à cause du phénomène de l’empreinte. Ce qui signifie que l’oiseau s’identifiera à l’humain croira que lui-même et les humains sont la même espèce. Ce phénomène peut rendre un oiseau dangereux, comme un oiseau de proie, lorsqu’il s’agira de se reproduire et de défendre son territoire. Comme l’oiseau est imprégné pour la vie, il devient alors impossible de relâcher l’animal dans la nature. Ces oiseaux ne pouvant pas être gardés par leur bienfaiteur doivent demeurer en captivité dans des endroits spécialisés.

De plus, le risque de maladies étant toujours présent, on se doit d’être très prudent et de ne jamais manipuler d’animaux sauvages à mains nues, vivants ou morts. On se doit de porter des gants. Par exemple, les oiseaux peuvent être porteurs du virus du Nil occidental ou de la salmonellose et le raton laveur peut être porteur de la rage et du parvovirus (maladie mortelle pour le chien). Également, le lièvre peut être porteur d’un ver plat, Cysticercus, qui n’est pas dangereux pour l’homme, mais qui peut l’être pour le chien si celui-ci mange le foie ou les intestins du lièvre. De plus, le lièvre peut transmettre à l’humain la maladie de Lyme ou la tularémie, si une tique de l’animal nous mord après s’être gorgée du sang du lièvre. En résumé, on évite de toucher les animaux sauvages et leurs excréments et bien sûr, de se faire mordre.

Finalement, si l’animal qu’on a trouvé est VRAIMENT perdu, abandonné ou malade (constatation faite après l’avoir observé pendant un certain temps), on doit se référer à des ressources compétentes comme un agent de protection de la faune du Québec. Cette personne pourra nous guider de façon adéquate.

La loi sur les animaux en captivité

Il existe plusieurs lois au Québec qui protègent les espèces sauvages comme la « Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune ». Cette loi précise la réglementation concernant la garde d’animaux sauvages en captivité. Une liste des espèces sauvages qui peuvent être gardées en captivité sans permis y est dressée. Avant de choisir de garder un animal sauvage en captivité, il faut être conscient des responsabilités que cela implique. Il faut bien connaître les besoins de ces animaux afin d’être en mesure de leur fournir les bons soins, une nourriture appropriée, un habitat adéquat et stimulant, des lieux propres et des soins médicaux si nécessaire. Il est important de bien comprendre les avantages et inconvénients relatifs à la garde d’un animal sauvage à la maison avant de s’engager.

Garder ou ne pas gerder un animal sauvage

Certaines personnes choisissent de garder en captivité un animal sauvage trouvé ou capturé dans leur maison. Pourquoi? Qu’est-ce qui motive ces personnes à faire ce choix? Essayons de dresser une liste, qui sera sûrement non exhaustive, des avantages et des inconvénients de s’approprier un animal sauvage pour l’apprivoiser.

Aspects favorables

• Dans certains cas, l’animal est sauvé d’une mort certaine.

• Pour certains, c’est un animal de compagnie agréable à posséder, car peu commun.

• Pour certains, cela permet d’actualiser une passion pour les animaux sauvages.

• Pour certains, l’animal est symbole de fierté, car il représente la nature à l’état sauvage.

Aspects défavorables

• Possibilités de transmission de maladies à l’humain et à nos animaux de compagnie (chien, chat, etc.).

• Animaux imprévisibles (même en bas âge). Ils sont sauvages et peuvent représenter un certain danger (même un écureuil roux), surtout à partir de la maturité sexuelle, car ils peuvent devenir agressifs.

• S’il s’agit d’animaux nocturnes, ils dérangeront la nuit.

• Ils risquent de détruire nos biens (meubles, maisons, terrains, etc.).

• La vie de ces animaux est souvent misérable, car ils sont gardés dans des conditions non adéquates pour leur espèce et sans la possibilité d’exprimer des comportements naturels.

• Ils veulent s’échapper durant la saison de reproduction.

• Ils requièrent des soins spécialisés et une diète appropriée.

• Ils marquent leur territoire à l’intérieur de la maison.

• Lorsqu’on ne peut plus s’en occuper, ces animaux doivent souvent être euthanasiés, car il est pratiquement impossible de les réhabiliter et qu’il manque de places dans les refuges déjà bondés.

• On peut nuire à la survie d’une espèce si l’on prend un animal en voie d’extinction.

• La longévité de ces animaux peut être réduite à cause du stress et des mauvais traitements.

• On peut parfois contrevenir à certaines lois fédérales et provinciales et devoir faire face à la justice.

Comme on peut le voir, la liste des aspects défavorables est plus longue que celle des aspects favorables. N’oubliez pas qu’un animal sauvage est un très mauvais animal de compagnie. Seuls les animaux domestiques en sont d’excellents.

Pour être mieux informé

Pour consulter la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune, consultez le site Internet du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Vous pourrez ensuite choisir de consulter le règlement sur les animaux en captivité. Les oiseaux migrateurs sont protégés par une convention entre le Canada et les États-Unis depuis 1917.

Pour en connaître plus sur la Loi sur la convention concernant les oiseaux migrateurs, consultez le site Internet d’Environnement et Changement climatique Canada. Vous y trouverez des questions et réponses qui pourront vous aider.

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