Zoo sauvage de St-Félicien

Biomes

Quelques définitions

La biodiversité c’est l’expression du vivant, des micro-organismes aux gros mammifères partageant un milieu donné. Le milieu et les conditions qu’on y retrouve déterminent l’assemblage des organismes qui y vivent.

C’est pourquoi il est important d’étudier et de comprendre les grandes régions écologiques supportant cette vie. Découvrez dans chacun des biomes présentés les espèces qui s’y cachent.

Un biome est un ensemble d’écosystèmes variés caractéristique d’une grande zone biogéographique, nommé d’après la végétation qui y prédomine et se caractérisant par les organismes qui y sont adaptés.

Un écosystème est un ensemble dynamique formé par les organismes potentiellement interactifs d’une communauté et par les facteurs abiotiques (non vivants) avec lesquels ils interagissent.(2)

Les définitions nous portent à croire qu’il est facile de nommer et de délimiter géographiquement les biomes terrestres. C’est faux, car les scientifiques emploient des méthodes différentes et parce qu’un biome a rarement une frontière nette. Les biomes de la Boréalie, forment un continuum environnemental où leurs frontières sont approximativement délimitées. Par exemple, selon les spécificités locales, il est possible de retrouver un environnement toundrique dans ce qui est défini comme étant la taïga.(2)

Les descriptions des biomes qui suivent, donnent un aperçu général de ce qui les caractérise et ce qui détermine l’établissement d’un biome plutôt qu’un autre. Les éléments : climat, précipitations et température sont cruciaux dans la délimitation de ces biomes. (1, 2, 3)

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Les biomes

La toundra

La toundra est la limite nordique de la taïga. Ce biome est marqué par de très longs hivers de noirceur et par des étés très courts, d’une durée de moins de trois mois. La moyenne de température de la période la plus chaude ne dépasse pas 10 ° Celsius. D’ailleurs, il n’est pas rare de recevoir de la neige en plein mois de juillet. À cause de ces conditions, le sol ne dégèle pas complètement sur ce territoire. La couche supérieure du sol dégèle sur environ un mètre, alors que la couche profonde reste gelée, c’est le pergélisol (sur plusieurs mètres). Les précipitations sont variables, de 200 à 600 mm. C’est un climat plutôt sec et froid. (1, 2, 3)

Les conditions climatiques font que la végétation croît très lentement et demeure très basse, en partie pour échapper au dessèchement causé par le vent et le froid. Au sud du biome, on peut retrouver des arbustes, mais plus au nord on ne rencontre qu’herbacées, lichens et mousses. (1, 2, 3) La croissance est lente, mais la longévité peut être très longue, certains lichens pouvant avoir plus de 100 ans. (1)

La croissance des végétaux est concentrée dans la courte période d’été alors que l’ensoleillement est presque continuel. Cette intense production végétale attire de nombreux oiseaux qui viennent s’y reproduire comme la bernache du Canada, l’oie des neiges et l’eider à duvet. Parmi les oiseaux résidents, on note le harfang des neiges et les tétras. La toundra est l’un des rares biomes terrestres à voir évoluer de grandes hardes, le caribou étant renommé à cause de ses troupeaux immenses et de leur comportement migratoire. Les bœufs musqués, ours blancs et des plus petits mammifères comme les loups, les renards arctiques et les lemmings habitent également la toundra. Chez les insectes, les moustiques et les mouches noires font facilement remarquer leur présence. (1, 2, 3)

Plusieurs croient que la toundra est demeurée vierge de l’influence de l’homme. Cependant, on constate une augmentation de l’exploitation pétrolière avec ses impacts sur l’environnement. De plus, on observe un phénomène sournois, l’arrivée de particules chimiques polluantes transportées par les vents. En effet, les polluants atmosphériques des grandes villes nord-américaines et européennes sont invariablement dirigés vers le Nord. (3) Ceci démontre bien que notre façon de vivre n’influence pas seulement notre environnement immédiat, mais bien la planète entière.

L’arctique

L’appellation « Arctique » réfère à une région géographique. On parle également de calottes glaciaires. Or, contrairement aux biomes, ces régions sont désertes. La vie ne peut y survivre. À part quelques explorateurs ou autres animaux de passage, la biodiversité de ces milieux demeure nulle.

La forêt boréale (Taïga)

La forêt boréale est caractérisée par des hivers longs et froids (au moins 6 mois sous les 0 ° Celsius) et par des étés courts qui peuvent être assez chauds à certains endroits. La moyenne de température estivale est de 10 ° Celsius. Malgré les étés courts, la croissance des végétaux peut être importante à cause de l’ensoleillement qui peut aller jusqu’à 18 heures sous certaines latitudes. Les précipitations y sont modérées, de 200 à 600 mm, et surtout sous forme de neige.

L’aspect physique de la forêt boréale ressemble à une mosaïque de forêts, de lacs, de rivières et de milieux humides comme les tourbières. Les espèces d’arbres sont moins nombreuses et les forêts sont dominées par des essences comme l’épinette, le sapin, le mélèze et le pin. Les rares feuillus qu’on y retrouve sont localisés dans les milieux humides (lacs, rivières, tourbières) ou dans les milieux perturbés par le feu ou par l’humain (aulne, bouleau, peuplier, saule). Le feu survient à l’occasion de périodes plus sèches et est un élément clé pour le renouvellement de la forêt. Les herbacées sont très rares dans cette forêt dense. Quant aux arbustes, ils sont surtout de la famille des Éricacées, comme les airelles ou le lédon du Groenland. (1, 2, 3)

Le sol de ce biome est acide (à cause des conifères), mince et pauvre en éléments nutritifs. Cependant, les arbres sont bien adaptés à ces conditions grâce à des milliers d’années d’évolution. Premièrement, ils possèdent un vaste réseau racinien, qui s’étend superficiellement dans la mince couche de sol pour ainsi absorber les éléments essentiels à leur survie. Deuxièmement, les arbres ont une relation mutualiste entre leurs racines et des mycètes (genre de champignons) pour former ce qui est appelé des mycorhizes. Les deux parties tirent profit de cette association, les mycètes absorbent des éléments produits par les arbres et en retour, elles augmentent la surface d’absorption des racines ce qui permet aux arbres d’optimiser leur capacité d’absorption en eau et minéraux. (2, 3)

Ce biome peut sembler moins complexe si l’on ne considère que la variété de plantes qu’on y trouve, mais en y regardant de près, on découvre un monde fascinant qui révèle de nombreuses surprises. La faune, quant à elle, est très diversifiée et comprend de nombreux invertébrés, oiseaux et mammifères. Les plus « célèbres » représentant des invertébrés étant sans aucun doute les insectes piqueurs. (1) Quelques espèces d’oiseaux, comme les tétras, vivent dans la taïga en permanence, mais la plupart des espèces y font seulement escale durant la migration ou viennent s’y reproduire. Lièvre, ours noir, grizzli, orignal, wapiti, loup et carcajou sont quelques exemples de mammifères habitant cet endroit. (2, 3)

Jusqu’à assez récemment, la forêt boréale avait moins souffert que les autres biomes de l’influence des humains. Elle subit maintenant une plus forte exploitation de ses ressources végétales et fauniques. Les arbres sont abattus pour le bois d’œuvre et les pâtes et papiers. Les ouvertures ainsi créées par les chemins forestiers permettent à l’homme de pénétrer plus dans la forêt pour trapper et chasser, ce qui augmente la pression sur les populations animales. (2, 3) Heureusement, la gestion des ressources fait également partie des mœurs humaines et plusieurs se penchent quotidiennement sur ces problèmes afin d’assurer la pérennité du biome.

La montagne

Le biome des montagnes se retrouve dans les hauteurs et non selon une délimitation nord-sud. En montagne, les biomes terrestres sont disposés sur un continuum environnemental, selon l’altitude. Si l’élévation le permet, on retrouvera au sommet des conditions climatiques une végétation typique de la toundra, c’est la toundra alpine. De façon générale, on retrouve les feuillus au pied des montagnes qui font graduellement place aux conifères, viennent ensuite les arbustes, et ainsi de suite jusqu’aux sommets. Ces derniers peuvent être enneigés et glacés selon l’altitude atteinte. Les biomes de montagne sont particuliers, l’évolution ayant façonné sur ces « îles » des variétés uniques de végétaux et d’animaux. (3) La chèvre de montagne et le mouflon étant parmi ces derniers.

La forêt mixte

La forêt mixte, ou forêt tempérée, est majoritairement constituée de feuillus qui, selon un cycle annuel, perdent leurs feuilles à l’automne, entrent en dormance en hiver, bourgeonnent au printemps pour finalement être en feuilles et fleuris en été. On retrouve des espèces d’arbres telles que le bouleau, le chêne, l’érable, le hêtre, le frêne, le tilleul et bien d’autres. Selon la région, la présence de conifères sera plus ou moins importante, les précipitations et la température ayant un rôle à jouer à cet effet. Les exemples de conifères qu’on y retrouve sont : l’épinette, le pin, le sapin, la pruche, le thuya, etc. (1, 2, 3)

Ce biome est caractérisé par des températures chaudes en été et froides en hiver, avec une moyenne annuelle de 8 à 10 ° Celsius. Les précipitations sont importantes, de 700 à 1700 mm par année (et même plus) et sont réparties assez uniformément dans l’année. Les zones ayant des hivers plus rigoureux et moins de précipitations sont composées de conifères en abondance. (1, 2, 3)

Le sol de la forêt tempérée est riche en matières organiques puisqu’il est alimenté chaque automne par les feuilles mortes des feuillus, sans oublier les aiguilles des résineux. Cependant, la décomposition de ces matières organiques se fait assez lentement et encore plus lentement si la forêt est composée majoritairement de conifères. (2, 3) La forêt est stratifiée verticalement. Les strates qu’on y retrouve sont les herbacées, les arbustes, les arbres croissant à l’ombre et finalement les grands arbres matures. En Amérique, ces niveaux de végétation sont habités par de nombreux mammifères comme les écureuils, les ratons laveurs, les ours noirs, les cerfs de Virginie, pour ne nommer que quelques exemples.

Cependant, les organismes les plus importants sont ceux qui passent inaperçus, c’est-à-dire, les bactéries et les champignons. Ces organismes jouent un rôle crucial, car ils participent au recyclage des matières organiques, sur et dans le sol, pour ainsi assurer la santé de toute la forêt. Ce qui constitue un partenariat écologique pour les participants. (2, 3)

La forêt mixte a été grandement affectée par la présence humaine. Des forêts matures anciennes, il ne reste que quelques rares îlots ici et là. L’arrivée des Européens a marqué ce biome à tout jamais. Les arbres ont été utilisés pour la construction et abattus pour l’agriculture. En fait, les grands centres urbains de l’Amérique du Nord y sont établis. Ce qui reste des forêts originales fait maintenant l’attention des écologistes qui souhaitent qu’on les protège. (2, 3)

La prairie

La prairie représente un biome important de la Boréalie car elle occupe un vaste territoire en Amérique du Nord. À l’échelle planétaire, les prairies occupent 24 % de la surface des continents. (1) Ce biome est caractérisé par des hivers froids et des périodes de sécheresse durant l’été accompagné, à l’occasion, par des incendies. Les prairies reçoivent entre 300 et 1000 mm de pluie par année. En Amérique du Nord, il y a les prairies à herbes hautes qui reçoivent de 700 à 1000 mm de précipitation annuellement et les prairies à herbes courtes qui en reçoivent seulement 300 mm par an.(1, 2, 3)

Les représentants fauniques de ce biome sont de grands herbivores (bisons d’Amérique, antilopes d’Amérique), des populations importantes de rongeurs comme les chiens de prairie et leurs prédateurs (renards, oiseaux de proie). (1, 2, 3) Il ne faut pas oublier les insectes, qui sont en nombre très important et surtout représentés par les orthoptères (http://fr.wikipedia.org/wiki/Orthopt%C3%A8re) (criquets, sauterelles). (1, 3) Différents facteurs contribuent à faire des prairies ce qu’elles sont et empêchent l’implantation d’arbustes et d’arbres : les feux, les grands herbivores (2) et le réseau très dense du système racinien. (3) Ce dernier point contribue également à la richesse du sol des prairies. En effet, le sol contient de grandes quantités de matières
organiques. (2, 3)

L’homme a malheureusement grandement modifié ce biome en éliminant presque complètement les grands herbivores et en cultivant les vastes terres fertiles. Les prairies du continent américain ont produit et produisent encore d’énormes quantités de céréales. Mais pour combien de temps encore ? Au cours des 40 dernières années d’exploitation, les prairies ont perdu de 35 à 40 % de leurs matières organiques. Ce qui oblige les producteurs à utiliser de plus en plus de fertilisants. Ces faits laissent des questions sans réponses quant aux impacts de la décroissance des matières organiques dans le sol et de l’utilisation des produits chimiques sur l’environnement. Les questions sont posées et les réponses, encore inconnues. (3)

Références

1. Borcard, Daniel. Département de sciences biologiques. Université de Montréal. Consulté le 16 avril 2003. D’après référence : Dajoz, R. 1996. Précis d’écologie. 6e édition. Dunod. Paris.
2. Campbell, Neil A. 1995. Chapitre 46 : L’écologie : Distribution et adaptation des organismes. Dans Biologie. Éditions du Renouveau Pédagogique Inc. Québec. Canada.
3. Molles, Manuel C. Jr. 1999. Chapitre 2: Life on land. Dans Ecology : Concepts and Applications. McGraw-Hill. Toronto. Canada.