Zoo sauvage de St-Félicien

Faune sauvage et apprivoisée

Quelle est la différence entre un animal sauvage, domestiqué ou apprivoisé?

Il est important de bien saisir la différence entre un animal sauvage, un animal domestiqué et un animal apprivoisé, car ainsi on peut mieux comprendre l’importance des lois protégeant la faune et la flore.

Animal sauvage

Selon le Petit Robert, le mot « sauvage » qualifie ce qui est à l’état de nature ou qui n’a pas été modifié par l’action de l’homme. Un animal « sauvage » vit en milieu naturel et est autosuffisant, c’est-à-dire qu’il est autonome et peut survivre en nature sans l’intervention humaine. Exemples : raton laveur, couleuvre, oiseaux.

Animal domestique

Selon le Petit Robert le verbe « domestiquer » signifie amener à une soumission totale, mettre dans la dépendance. Un animal « domestique » est un animal qui coexiste avec l’homme depuis des milliers d’années. Très souvent, sa survie dépend des soins prodigués par l’homme. Cet animal est le produit d’une reproduction sélective. Exemples : vache, porc, chien, dinde, cheval.

Animal apprivoisé

Un animal « apprivoisé » est un animal sauvage pris sous la tutelle de l’homme, généralement à un très jeune âge. Souvent, la figure parentale devient alors l’humain et non des animaux de la même espèce. Un animal apprivoisé n’est pas un animal domestique et reste sauvage pour la vie. Exemples : corneille, écureuil.

Quoi faire si on trouve un animal sauvage?

Occasionnellement, il arrive qu’on puisse se retrouver face à un animal qui semble perdu, abandonné ou malade. Doit-on intervenir immédiatement ? Souvent les gens posent des gestes qui partent d’une bonne volonté, mais la réponse est NON. La nature se porte mieux avec le minimum d’intervention de la part de l’humain. Il est important de se rappeler que l’animal peut avoir l’air perdu, abandonné ou malade sans l’être réellement. Il faut donc bien analyser la situation.

Voici des exemples concrets :

Le lièvre d’Amérique

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La femelle laisse ses jeunes seuls dès la naissance et ne revient les nourrir qu’une fois par jour, en général le soir venu. Donc si on trouve des jeunes lièvres seuls, (ce qui est tout à fait normal) le mieux est de ne pas les déplacer ni les toucher. Notre odeur laissée sur les petits pourrait déranger la mère par la suite.

Le cerf de Virginie

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La femelle cache ses faons dans les hautes herbes après la mise bas. Ils n’ont presque pas d’odeur ce qui constitue leur principal moyen de défense contre les prédateurs. La mère vient les nourrir toutes les 2-3 heures. Si on trouve un faon et qu’on le touche, la femelle risque de l’abandonner, car elle ne reconnaîtra pas l’odeur de son petit, mais plutôt celle de l’humain.

Les oiseaux

oiseau

La meilleure chose à faire si on trouve un oisillon tombé du nid est de le remettre dans son nid; si le nid est localisé et qu’il est accessible bien sûr. En effet, contrairement aux mammifères, les oiseaux n’ont pas un bon odorat (excepté l’urubu à tête rouge). Donc à son retour, le parent ne rejetterait pas son rejeton.

Chez plusieurs espèces d’oiseaux, comme le merle d’Amérique par exemple, les jeunes fraîchement sortis du nid restent au sol, car toutes leurs plumes de vol ne sont pas encore poussées. Les parents restent près d’eux et les nourrissent au sol. Donc les oisillons ne sont pas perdus, abandonnés ou malades. Cette étape fait partie de leur développement normal. On ne doit donc pas intervenir.

Comme on peut le constater, plus on connaît l’histoire naturelle des animaux et plus on peut agir à bon escient. Des gens bien intentionnés ont parfois causé plus de tort que de bien en intervenant auprès des animaux, comme avec les oiseaux par exemple. Un oisillon qui semble abandonné, recueilli par l’homme, sera imprégné de l’humain à cause du phénomène de l’empreinte. Ce qui signifie que l’oiseau s’identifiera à l’humain, croira que lui-même et les humains sont la même espèce. Ce phénomène peut rendre un oiseau dangereux, comme un oiseau de proie, lorsqu’il s’agira de se reproduire et de défendre son territoire. Comme l’oiseau est imprégné pour la vie, il devient alors impossible de relâcher l’animal dans la nature. Ces oiseaux ne pouvant plus être gardés par leur  » bienfaiteur  » doivent être demeurés en captivité dans des endroits spécialisés.

De plus, le risque de maladies étant toujours présent, on se doit d’être très prudent et de ne jamais manipuler d’animaux sauvages à mains nues, vivants ou morts. On se doit de porter des gants. Par exemple, les oiseaux peuvent être porteurs du virus du Nil occidental ou de la salmonellose et le raton laveur est souvent porteur de la rage et du parvovirus (maladie mortelle pour le chien). Également, le lièvre peut être porteur d’un ver plat, Cysticercus, qui n’est pas dangereux pour l’homme, mais qui peut l’être pour le chien si celui-ci mange le foie ou les intestins du lièvre. De plus, le lièvre peut transmettre à l’humain a maladie de Lyme ou la tularémie, si une tique de l’animal nous mord après s’être gorgée du sang du lièvre. En résumé, on évite de toucher les animaux sauvages et leurs excréments et bien sûr, de se faire mordre.

Finalement, si l’animal qu’on a trouvé est VRAIMENT perdu, abandonné ou malade (constatation faite après l’avoir observé pendant un certain temps), on doit se référer à des ressources compétentes comme un agent de conservation de la faune de la Société de la faune et des parcs du Québec. Cette personne pourra nous guider de façon adéquate.

La loi sur les animaux en captivité

Il existe plusieurs lois au Québec qui protègent les espèces sauvages comme la « Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune ». Cette loi précise la réglementation concernant la garde d’animaux sauvages en captivité. Une liste des espèces sauvages qui peuvent être gardées en captivité sans permis y est dressée. Avant de choisir de garder un animal sauvage en captivité, il faut être conscient des responsabilités que cela implique. Il faut bien connaître les animaux pour être en mesure de leur fournir les bons soins, nourriture appropriée, habitat adéquat, entretien, propreté et soins médicaux au besoin. Aussi, il est important de bien comprendre les avantages et inconvénients relatifs à la garde d’un animal sauvage à la maison, vous en trouverez quelques exemples plus bas.

Espèces indigènes admises à la garde en captivité sans permis 

(C-61.1, r.0.0001)

  • Classe des amphibiens
  • Crapaud d’Amérique (Bufo americanus)
  • Grenouille des bois (Rana sylvatica)
  • Grenouille du nord (Rana septentrionalis)
  • Grenouille léopard (Rana pipiens)
  • Grenouille verte (Rana clamitans)
  • Necture tacheté (Necturus maculosus)
  • Ouaouaron (Rana catesbeiana)
  • Triton vert (Notophthalmus viridescens)

Classe des reptiles

  • Couleuvre rayée (Thamnophis sirtalis)

Classe des mammifères

  • Écureuil gris (Sciurus carolinensis)
  • Écureuil roux (Tamiasciurus hudsonicus)
  • Tamia rayé (Tamias striatus)

De cette liste, il est possible de garder au plus 10 animaux avec un maximum de 2 nectures tachetés, 2 ouaouarons, 2 tritons verts, 2 couleuvres rayées, 1 écureuil gris, 1 écureuil roux ou 1 tamia rayé.

Garder ou ne pas garder un animal sauvage?

Certaines personnes choisissent de garder en captivité dans leur maison un animal sauvage trouvé ou capturé. Pourquoi? Qu’est-ce qui motive ces personnes à faire ce choix? Essayons de dresser une liste, qui sera sûrement non exhaustive, des avantages et des inconvénients de s’approprier un animal sauvage pour l’apprivoiser.

Aspects favorables
  • Dans certains cas, l’animal est sauvé d’une mort certaine
  • Pour certaines personnes, c’est un animal de compagnie agréable à posséder, car peu commun
  • Pour certaines personnes, ça permet d’actualiser une passion pour les animaux sauvages
  • Pour certaines personnes, l’animal est symbole de fierté, car il représente la nature à l’état sauvage
Aspects défavorables
  • Possibilités de transmission de maladies à l’humain et à nos animaux de compagnie (chien, chat, etc.)
  • Animaux imprévisibles (même en bas âge), car ils sont sauvages, surtout à partir de la maturité sexuelle
  • Souvent, il s’agit d’animaux nocturnes qui dérangent la nuit quand on dort
  • Charmants lorsqu’ils sont bébés, mais peuvent devenir agressifs lorsque qu’ils arrivent à maturité sexuelle (morsures, griffures, etc) pour défendre un territoire ou exprimer leur instinct de prédateur
  • Ils détruisent nos biens (meubles, maisons, terrains, etc.)
  • La vie de ces animaux est trop souvent misérable, car ils sont confinés de façon inadéquate
  • Ils veulent s’échapper durant la saison de reproduction
  • Ils requièrent des soins spécialisés et une diète appropriée
  • Ils marquent leur territoire à l’intérieur de la maison
  • Lorsqu’on ne peut plus s’en occuper, ces animaux doivent souvent être tués, car il est impossible de les réhabiliter
  • On peut nuire à la survie d’une espèce si on prend un animal en voie d’extinction
  • La longévité de ces animaux peut être réduite à cause du stress et des mauvais traitements.
  • C’est illégal dans certains cas

Comme on peut le voir, la liste des aspects défavorables est très longue et assurément incomplète. N’oubliez pas qu’un animal sauvage est un très mauvais animal de compagnie. Seuls les animaux domestiques en sont d’excellents.

La flore

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Les animaux dont nous venons de parler ne vivent pas en vase clos, mais plutôt en étroite interaction avec leurs habitats. La flore constitue donc un élément essentiel à la survie des espèces fauniques car elle leur sert de nourriture, d’abri, etc. C’est pourquoi, il est important d’inclure les plantes dans l’écologie d’une espèce.

Au Québec, nous avons la  » Loi sur les espèces menacées ou vulnérables  » qui nous donne la liste des plantes qui sont menacées de disparaître ou dont la survie est précaire. Dans la région du Saguenay-Lac-St-Jean, plus spécifiquement à Mashteuiatsh, on retrouve l’aster d’Anticosti qui est classée comme espèce menacée. Au total, 34 espèces de notre flore sauvage sont considérées comme menacées ou vulnérables. Un autre exemple est l’ail des bois, qu’on retrouve un peu partout au Québec. Puisqu’il s’agit d’une espèce vulnérable, sa cueillette est contrôlée. Une personne peut cueillir un maximum de 50 bulbes par année.

Pourquoi se préoccuper de la survie des plantes?

plante

Il y a plusieurs réponses à cette question, en voici quelques-unes :

  • Pour la survie des animaux
  • Pour préserver l’intégrité des habitats et la biodiversité
  • Pour l’utilisation qu’on peut en faire : nourriture, médecine, industrie

Une plante qui disparaît est une lourde perte pour tous, car elle détenait peut-être le secret de la guérison d’une maladie. Ce qui veut dire qu’il est de notre responsabilité de protéger autant notre faune que notre flore. Donc, concrètement, on doit s’abstenir de cueillir des plantes dont nous ne connaissons pas le statut ou l’abondance et éviter de détruire l’endroit où elles poussent (avec des véhicules tout-terrain, par exemple).

Pour consulter les lois

Pour consulter la « Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune », consultez le site Web du ministère des Ressources naturelles et de la Faune. Vous pourrez ensuite choisir de consulter le « Règlement sur les animaux en captivité ».

Les oiseaux migrateurs sont protégés par une convention entre le Canada et les États-Unis depuis 1917. Pour en connaître plus sur la « Loi sur la convention concernant les oiseaux migrateurs », consultez le site Web d’Environnement Canada. Vous y trouverez des questions et réponses qui pourront vous aider.